Régime cétogène dans la thérapie contre le cancer

Le régime cétogène est une approche nutritionnelle thérapeutique de soutien des traitements conventionnels contre le cancer. L’avantage de cette thérapie nutritionnelle est qu’elle agit de façon ciblée sur les propriétés métaboliques des cellules cancéreuses et exploite les « faiblesses » de ces altérations métaboliques.

→ Qu’est-ce qu’un régime cétogène ?
→ De l’hypothèse au concept nutritionnel
→ La fermantation du suucre, un avantage en termes des survie
→ L’insuline, un facteur des croissance
→ Le régime cétogène, en remplacement du jeûne
→ Existe-t-il aujourd’hui des preuves de son efficacité ?
→ Pourquoi la tentative en vaut-elle la peine ?

En comparaison du tissu environnant, les cellules cancéreuses absorbent d’énormes quantités de sucre sous la forme de glucose (sucre de raisin), afin d’assurer leur besoin énergétique accru pour la croissance et la multiplication. Cependant, quand la plupart des cellules saines « brûlent » des nutriments, de nombreuses cellules, en particulier les cellules cancéreuses agressives, métastatiques et résistantes aux traitements, présentent un taux inhabituellement élevé de fermentation de sucre, et ce même en présence d’oxygène1. De récentes études ont pu clarifier que les cellules cancéreuses, en basculant vers cette source d’énergie alternative, se protègent du stress oxydatif2 3. Ce faisant, elles inhibent également l’efficacité d’un grand nombre d’agents chimiothérapeutiques et de formes d’irradiation. Sur la base de ces observations, a été développé le concept de privation des cellules cancéreuses de leurs fournisseurs d’énergie essentiels au travers d’une réduction significative de l’apport en sucre, afin d’augmenter par exemple le stress oxydatif au sein de la cellule cancéreuse4 5 6.

→ Tout d’abord, une remarque importante :

Les concepts nutritionnels cétogènes visent uniquement à soutenir une thérapie proposée par un oncologue traitant. Au travers d’une alimentation riche en énergie et en nutriments, ils ont pour but de renforcer la condition physique du patient et d’améliorer la tolérance, autant que la réussite, du type de traitement mis en place. Contrairement à de nombreux « régimes anticancer » douteux et largement critiqués, le régime cétogène pour les patients atteints de cancer ne prétend NI guérir le cancer, NI remplacer les méthodes de traitement conventionnelles, telles que la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Qu’est-ce qu’un régime cétogène ?

Les caractéristiques d’un régime cétogène sont une très forte teneur en lipides et une très faible teneur en glucides. En chiffres, cela représente un apport énergétique issu à environ 75-80% de lipides, à environ 15-20% de protéines et à seulement environ 5% de glucides.

Répartition des nutriments dans diverses formes d’alimentation

Le terme « cétogène » est dérivé de « formation de corps cétoniques », qui est un des effets notables de cette forme d’alimentation. Les corps cétoniques, tels que l’acétoacétate, l’acide β-hydroxybutyrique et l’acétone, sont des dérivés des graisses, qui représentaient autrefois une source d’énergie vitale pour l’organisme. En période de pénurie alimentaire, le corps puise dans les tissus adipeux. Les graisses sont acheminées vers le foie, transformées en corps cétoniques, puis ils sont libérés dans le flux sanguin pour alimenter en particulier le cerveau. Ainsi, l’être humain pouvait survivre quelque temps en période de famine. En raison de l’apport élevé en glucides de notre alimentation moderne, des personnes saines ne peuvent généralement atteindre une telle situation métabolique, connue sous le nom de cétose, que par le jeûne.

→ La cétose grâce au régime cétogène

En suivant un régime cétogène, il est pourtant également possible de parvenir à un métabolisme cétogène, sans privation de nourriture. Au travers d’un apport très faible en glucides ou sucres, la glycémie n’augmente pas et aucune insuline additionnelle n’est libérée. Cette hormone est généralement le messager qui signale à l’organisme de stocker les graisses absorbées dans les cellules adipeuses. Sans ce signal, l’organisme est contraint de métaboliser directement les graisses et de les transformer en partie en corps cétoniques.

→ Cliniquement prouvé

Le principe, selon lequel il est possible d’atteindre un état métabolique similaire à celui du jeûne au travers d’un régime cétogène, est un fait cliniquement prouvé auprès de patients souffrant d’épilepsie depuis maintenant plusieurs décennies. Au début des années 20, des médecins se sont rendus compte de l’influence bénéfique du jeûne sur la fréquence des crises. Jusqu’à l’introduction des premiers médicaments contre l’épilepsie, l’alimentation à base d’huiles et de protéines s’était déjà établie comme une méthode de traitement reconnue. Aujourd’hui encore, un régime cétogène demeure la méthode privilégiée par les patients souffrant d’épilepsie, qui ne répondent à aucun des médicaments usuels.
L’utilisation thérapeutique du régime cétogène dans le cas d’autres pathologies est actuellement à l’étude : les maladies neurodégénératives, telles qu’Alzheimer, Parkinson7 et SLA8, les troubles neurologiques, tels que l’autisme9 ou les troubles métaboliques, comme le syndrome des ovaires polykystiques10 ou le diabète de type 211.

De l’hypothèse au concept nutritionnel

Déjà en 1924, le biochimiste allemand et futur lauréat du prix Nobel, Otto Warburg, a identifié la production d’énergie particulière des cellules cancéreuses. Au cours de ses recherches sur les cellules saines et malignes, il a constaté les concentrations inhabituellement élevées d’acide lactique dans les cellules cancéreuses – et cela même quand il exposait les cellules à de l’oxygène12. Un fait inhabituel, car la plupart des cellules saines ne le produisent qu’en cas de manque d’oxygène, soit sous des conditions anaérobies.
L’acide lactique est issu de la fermentation du sucre (glycolyse anaérobie). Ce moyen de produire de l’énergie est plutôt inefficace d’un point de vue énergétique, mais ne nécessite pas d’oxygène. Pour la plupart des cellules, ce moyen est une sorte de « solution d’urgence », afin de continuer à produire de l’énergie même en cas de manque d’oxygène temporaire – comme par exemple dans les cellules musculaires lors d’une séance de sport intensif. Dès que suffisamment d’oxygène est à nouveau disponible, les cellules saines reprennent leur production d’énergie habituelle via les « centrales énergétiques » propres aux cellules, les mitochondries.
Warburg suspectait une perturbation des mitochondries au sein des cellules cancéreuses et a émis l’hypothèse, que c’était là que se trouvait la cause des maladies cancéreuses. Un indice important dans ce sens était aussi pour lui l’observation que les cellules cancéreuses à croissance agressive présentaient ce métabolisme énergétique altéré, mais pas les cellules des tumeurs bénignes. Avec la découverte de la structure de l’ADN dans les années 50 et l’identification des altérations génétiques cancérogènes, l’hypothèse de Warburg sur les mitochondries endommagées comme éléments déclencheurs du cancer fut pourtant écartée.
L’effet Warburg, soit la fermentation du sucre malgré la présence d’oxygène, que Warburg appela lui-même « glycolyse aérobie », a pu en revanche être confirmée au cours des dernières années par plusieurs groupes de recherche13 14. Et sa présomption, selon laquelle c’est peut-être là que réside un point de départ essentiel pour le traitement du cancer, s’avère exacte dans de plus en plus d’études. De même, il est aujourd’hui incontestable que les tumeurs malignes consomment de larges quantités de glucose. Cette particularité est déjà utilisée à des fins de diagnostic dans la tomographie par émission de positons (TEP). Au cours de cette procédure, on injecte au patient du glucose faiblement marqué radioactivement, qui se fixe sur les tissus fortement gluco-dépendants et devient visible lors de la tomographie. Le radiologue peut ainsi localiser de possibles foyers cancéreux.

→ L’alimentation, un facteur déterminant

On sait aujourd’hui que certains facteurs alimentaires, comme les nitrosamines dans les salaisons ou les mycotoxines sur les noix rances peuvent entraîner des altérations génétiques cancérogènes. Par ailleurs, les médecins sont de plus en plus convaincus que des ingrédients alimentaires spécifiques, comme certains oligo-éléments, vitamines et substances végétales secondaires peuvent contrebalancer la cancérogenèse. Pourtant, il apparaît également évident qu’au-delà de l’élément génétique, le cancer possède aussi un fort élément métabolique. Ainsi, ce ne sont pas que des substances individuelles, interagissant avec le patrimoine génétique, l’ADN, qui jouent aussi un rôle. L’alimentation, qui exerce dans son ensemble une forte influence sur notre métabolisme, agit sur l’origine, le développement et le traitement du cancer. De ce postulat découle l’idée d’influencer de manière ciblée au travers d’une alimentation cétogène les processus métaboliques, essentiels à la croissance et à la propagation des cellules cancéreuses.

Respiration cellulaireGlycolyse anaérobieCellules cancéreuses

Respiration cellulaire : production d’énergie en présence d’oxygène suffisant

respiration-cellulaireDans la plupart des cellules saines, la production d’énergie se fait dans les « centrales énergétiques » propres aux cellules, les mitochondries. Les sucres, les graisses et certains acides animés (éléments constitutifs des protéines) sont dans un premier temps décomposés en produits intermédiaires, qui sont ensuite introduits dans les mitochondries et utilisés pour produire le vecteur énergétique ATP.

Les sucres, tels le glucose, sont décomposés en pyruvate via un processus appelé glycolyse. La particularité de la dégradation du sucre est qu’ainsi déjà 2 molécules du vecteur énergétique ATP sont générées en dehors des mitochondries. Le pyruvate parvient ensuite dans les mitochondries et y est transformé en acétyl-CoA. L’acétyl-CoA est un produit intermédiaire central du métabolisme énergétique, qui subit, pendant la « respiration cellulaire » qui suit, deux processus métaboliques en plusieurs paliers (cycle de Krebs et phosphorylation oxydative), se terminant par la production du vecteur énergétique ATP. Pour cette dernière étape, de l’oxygène est requis, qui, pendant la respiration cellulaire, est oxydé en dioxyde de carbone (CO2) et en eau (H2O).
Sous certaines conditions, cette dernière étape ne se déroule pourtant pas comme prévu et génère à la place des radicaux libres, tels que le peroxyde d’hydrogène (H2O2).

Glycolyse anaérobie : production d’énergie en cas de manque d’oxygène

glycolyse-anaerobie

En cas de manque d’oxygène temporaire, la dernière étape de la production d’ATP dans les mitochondries ne peut être mise en œuvre. Cela se produit, par exemple, dans les cellules musculaires lors d’efforts physiques intenses, quand plus d’oxygène est utilisé pour la production d’énergie qu’il n’en arrive par la circulation sanguine. Pour maintenir la production d’énergie, les cellules utilisent l’étape de production d’ATP appelée glycolyse. Puisque la transformation du pyruvate dans les mitochondries n’est pas possible, celui-ci est transformé en acide lactique.

Ce moyen de production d’énergie étant particulièrement inefficace (2 molécules d’ATP seulement sont produites par molécule de sucre), les cellules repassent rapidement à la respiration cellulaire, dès que de l’oxygène est disponible.

Glycolyse aérobie : production d’énergie de cellules cancéreuses agressives

glycolyse-aerobie

Les cellules cancéreuses présentent un métabolisme énergétique similaire à la glycolyse anaérobie, même en présence d’oxygène (donc également sous des conditions aérobies). Puisque lors de la dégradation des glucides, seules 2 molécules d’ATP sont générées par unité de glucose, la cellule cancéreuse dépend d’un apport élevé en glucides pour couvrir ses importants besoins énergétiques.

En même temps, d’énormes quantités d’acide lactique sont générées, qui sont ensuite transportées vers l’extérieur pour protéger la cellule cancéreuse. Une partie du lactate (sel de l’acide lactique) se retrouve dans le foie, où il est transformé en glucose, pouvant à son tour servir de source d’énergie à la cellule cancéreuse. Une autre partie crée un milieu acide toxique autour du tissu tumoral, qui détruit d’une part les tissus environnants et protège d’autre part les cellules cancéreuses des attaques des cellules immunitaires.

La fermentation du sucre, un avantage en termes de survie

La transition vers la fermentation du sucre implique un rendement énergétique réduit par unité de glucose, nécessite par conséquent d’importantes quantités de sucre, rend les cellules cancéreuses dépendantes d’une source d’énergie unique et produit simultanément de grandes quantités d’acide lactique, qui endommage les cellules. Pourquoi les cellules cancéreuses utilisent-elles donc cette source d’énergie, qui semble désavantageuse ? La réponse réside dans quelques avantages importants en termes de survie, qu’implique la glycolyse aérobie :

  • Production d’énergie suffisante dans les cellules cancéreuses pauvres en oxygène : Plus une tumeur est grosse, moins les cellules cancéreuses internes sont approvisionnées en oxygène. En revanche, le glucose peut toujours pénétrer facilement à l’intérieur et être utilisé comme source d’énergie par ces cellules éloignées des vaisseaux sanguins.
  • Apport énergétique rapide : La croissance des cellules cancéreuses nécessite de l’énergie rapidement disponible. En raison de la dépendance à l’oxygène, l’approvisionnement en énergie via les mitochondries est limité et n’est possible que dans la mesure où de l’oxygène est disponible. La production d’énergie via la fermentation du sucre ne dépend que de la présence de sucre, une substance qui, en raison de notre alimentation riche en glucides, ne représente pas un facteur limitant pour les cellules cancéreuses.
  • Protection contre la formation de radicaux libres : La production d’énergie dans les mitochondries entraîne parfois la formation de dérivés réactifs de l’oxygène (DRO) et ainsi du stress oxydatif, qui endommage les cellules. L’important besoin énergétique des cellules cancéreuses accélérerait fortement ce processus et participerait rapidement à leur dégradation. La fermentation du sucre permet une production d’énergie sans formation de radicaux libres, dommageables pour les cellules.
  • Enveloppe d’acide lactique protectrice et dégradation de la matrice : La fermentation du sucre entraîne la formation d’importantes quantités d’acide lactique, transportées vers l’extérieur afin de protéger la cellule. La tumeur est ainsi entourée d’un milieu acide, qui détruit le tissu environnant (dégradation de la matrice) et permet la prolifération invasive des cellules cancéreuses. Cette enveloppe d’acide lactique protège, en même temps, les cellules cancéreuses de l’attaque des cellules immunitaires dans la circulation sanguine.
  • Résistance au traitement : De plus, en « désactivant » les mitochondries, les cellules cancéreuses se protègent des traitements, ayant pour but une formation accrue de radicaux libres (irradiation) ou un déclenchement ciblé de mort cellulaire, soit apoptose (chimiothérapie)15 16.

L’insuline, un facteur de croissance

En outre, le sucre ne joue pas qu’un rôle essentiel dans le développement du cancer, en tant que source d’énergie privilégiée des cellules cancéreuses. Un taux de glycémie élevé favorise déjà l’apparition du cancer. Le facteur responsable est l’insuline, une hormone sécrétée après tout repas riche en sucre ou en amidon, pour faire redescendre le taux de glycémie à un niveau normal. L’insuline elle-même, mais également le facteur de croissance similaire à l’insuline IGF-1, agissent en tant qu’activateurs de croissance. Il a été observé, lors de tests in vitro, que ces derniers stimulent la croissance, la prolifération et la dissémination métastatique des cellules cancéreuses17 18. Cela est particulièrement constatable quand le taux d’insuline dans le sang est durablement élevé, comme dans le cas d’un diabète de type 2. Les personnes diabétiques présentent un risque plus élevé de développer certaines formes de cancer, telles que le cancer du sein, de l’utérus, du côlon, de l’estomac, du foie, de la vessie et du pancréas19. La probabilité qu’une personne diabétique développe, par exemple, un cancer du sein ou du côlon est environ 23% ou 26% plus élevée que chez une personne non diabétique20. Indépendamment d’un diabète, certaines études ont constaté qu’une alimentation riche en glucides augmente le risque de cancer21. Déjà donc dans la prévention du cancer, il est judicieux de limiter sa consommation de glucides et d’éviter les pics glycémiques, suivis de réponses insuliniques importantes. Mais, dans le suivi après un traitement, une alimentation pauvre en glucides est tout aussi essentielle. Des scientifiques ont démontré, en autres choses, qu’une alimentation riche en glucides augmente le risque de récidive chez les patients atteints de cancer colorectal, tandis que le taux de survie chute22. Les femmes, dont le cancer du sein était positif au récepteur IGF, augmentent même leur taux de récidive de 500% avec une alimentation à indice glycémique élevé et riche en glucides23.

Le régime cétogène, en remplacement du jeûne

Des rapports de cas isolés de patients, ayant jeûné pendant quelques jours avant une chimiothérapie ou une radiothérapie, ont indiqué à maintes reprises une meilleure tolérance au traitement et, par exemple, moins de fatigue, de nausées, de troubles gastro-intestinaux et de céphalées24. Des tests sur des souris et in vitro ont démontré que le taux glycémique faible et le taux réduit d’IGF-1, induits par le jeûne, jouent là un rôle essentiel25.
Mais le jeûne n’est pas adapté à tous les patients atteints de cancer et comporte le risque de perte d’autres substances corporelles vitales. Un régime cétogène est en mesure de réduire le taux de glycémie et d’IGF-1, de permettre aux cellules saines d’opérer une transition vers un métabolisme de jeûne, tout en approvisionnant l’organisme en énergie, protéines et micronutriments.

Existe-t-il aujourd’hui des preuves de son efficacité ?

De nombreux critiques du régime cétogène dénoncent le nombre réduit d’études sur son efficacité effectuées sur des êtres humains. En effet, beaucoup conclusions, relatives à l’influence d’un retrait du sucre ou d’une inhibition du métabolisme de la fermentation sur la croissance du cancer et la tolérance au traitement, ont été tirées d’études in vitro ou menées sur des animaux (nous avons compilé ici pour vous certaines de ces études : bbibliographie).

Un problème fondamental des études faites sur les humains est toutefois que celles-ci coûtent énormément d’argent. Or, quelle grosse entreprise a intérêt à dépenser de l’argent pour la recherche sur un concept nutritionnel, qui peut théoriquement être mis en place avec de simples aliments ? Malheureusement, aucune. C’est pourquoi, nous ne pouvons nous référer qu’aux nombreux rapports de cas positifs issus de la pratique et aux résultats de cliniques, qui mettent en place le jeûne ou le régime cétogène chez leurs patients. Mais la tendance actuelle montre, qu’en raison du nombre croissant de découvertes prometteuses tirées d’études in vitro et sur les animaux, de plus en plus de groupes de recherche et d’hôpitaux sont prêts à réaliser leurs propres études à moindre échelle sur des patients.

Premières études portant sur la tolérance et l’efficacité chez le patient :

  • Hôpital de Schweinfurt : Six patients ont suivi une alimentation cétogène de façon autonome, durant un traitement par radiothérapie. Quatre d’entre eux ont atteint un taux de corps cétoniques suffisant dans le sérum. Tous les patients ont perdu du poids, toutefois seulement dans la masse graisseuse et non dans la masse musculaire. L’état général des patients durant la radiothérapie était, dans l’ensemble, très positif et tous étaient contents du régime. Chez cinq des patients, a été observé, comme prévu, une régression de la tumeur. Seul un patient, atteint d »un cancer du poumon métastatique à petites cellules, a montré une légère progression de la maladie, qui s’est, toutefois, accélérée après interruption du régime26.
  • Étude ERGO : L’étude menée au centre hospitalier universitaire de Tübingen a examiné l’impact d’un régime cétogène chez 20 patients présentant un glioblastome récurrent (forme de tumeur incurable et difficile à traiter). Pendant le traitement, aucun effet secondaire sévère n’a été observé. En conclusion, le régime cétogène a été évalué comme étant réalisable et sûr, mais toutefois uniquement judicieux en tant qu’option thérapeutique complémentaire27.
  • Centre hospitalier universitaire de Wurtzbourg : Le centre hospitalier universitaire de Wurtzbourg offre à des patients la possibilité de suivre un régime mettant l’accent sur les huiles et les protéines, en complément du traitement standard. Les patients, ayant réussi à mettre en place le régime cétogène durant les 3 mois de durée du traitement, ont montré quelques améliorations au niveau de leur qualité de vie et de certains paramètres sanguins28.
  • Université de Pittsburgh, USA : Les chercheurs ont analysé les données de 53 patients présentant un glioblastome, dont 6 ont suivi un régime cétogène durant le traitement. Le régime a été bien toléré et les effets secondaires du traitement étaient relativement réduits. En comparaison des autres patients, le taux de glycémie des patients ayant suivi le régime cétogène était dans les valeurs normales, malgré la corticothérapie29.
  • Université de Leyde, Pays-Bas : Treize patientes atteintes d’un cancer du sein HER2-négatif ont été examinées, dont 7 ont suivi un jeûne avant et pendant la chimiothérapie. Chez ces dernières, la chimiothérapie a eu une influence moindre sur les niveaux sanguins que chez les femmes n’ayant pas suivi de jeûne. Les taux d’érythrocytes et de plaquettes, en particulier, étaient significativement meilleurs30.

Pourquoi la tentative en vaut-elle la peine ?

En plus d’un effet anticancer direct, une alimentation pauvre en glucides présente pour le patient un grand nombre d’avantages :

  • suffisamment d’énergie grâce à une teneur en lipides élevée,
  • apport d’importants éléments constitutifs des protéines, nécessaires au maintien de la substance corporelle, du système immunitaire et du métabolisme,
  • absorption de vitamines et minéraux importants, tels que les substances végétales bio-actives, au travers de légumes, de baies, de noix, d’herbes et d’épices pauvres en glucides,
  • apport d’acides gras anti-inflammatoires essentiels au travers d’huiles végétales et de noix à haute teneur nutritive et de poissons des mers froides riches en graisse,
  • réduction des facteurs de risque de cancer par la baisse des taux de glycémie et d’insuline, ainsi que par la réduction de la surcharge pondérale ou de la masse graisseuse pro-inflammatoire.

Le corps s’étant, au fil de l’évolution, adapté à subsister même avec un apport réduit de glucides, les effets secondaires à long terme d’une réduction des glucides sont peu probables.
Sans compter que la possibilité d’accompagner son traitement par une alimentation adaptée aux particularités du métabolisme tumoral permet à de nombreux patients atteints de cancer de retrouver le sentiment de participer activement à leur propre guérison. Cela a un impact psychologique énorme, qu’il est important de ne pas sous-estimer pour la réussite du traitement.


Informations de source

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